24 heures de voyages, 3 décollages et atterrissages, 15 heures de décalage horaires, 0 heure de sommeil, 2 plateaux repas, 1000 tonnes de bonheur et voilà que nos pieds foulent le sol de notre nouvelle terre d' accueil: Bienvenida en Chile!
Sourires sur nos visages, nous retrouvons le climat ensoleillé et doux de Sydney (chouette!), la modernité des grandes capitales, l' affluence sur les routes, les grosses enseignes publicitaires. Puis, nous découvrons des rues colorées, une musique latino super entraînante et des petits vendeurs de tout, passant des cacahouètes aux peluches jusqu'aux soutiens gorge,installés un peu partout, arrêtés aux feux rouges pour solliciter les automobilistes avec leurs journaux ou assis sur les trottoirs pour vendre des antennes. Et la, changement radical d'avec l'Asie du Sud Est, lorsque, en déambulant dans le centre de Santiago, nous croisons des femmes ultra -sexy avec leurs grands décolletés plongeants et des couples qui se bécotent si librement qu'ils pourraient presque faire des petits sur les bancs publics: Bienvenida en Chile!
Nous restons une petite semaine dans la capitale pour récupérer un peu. Loges dans une chaleureuse auberge au sein du barrio culturel et bohème de Bellavista, nous faisons la connaissance d' un quartier vivant, très animé du matin au soir, dominé par le vert Mont San Cristobal et habité par les marchands d'empanadas et les délicieux petits restos plein de charme. Ses rues sont source d'inspiration pour les artistes et sont le repère des compagnies de theatre...Humm, il fait bon de s'attarder ici.
Apres quelques jours a Santiago et la visite de son coeur, nous décidons de reprendre la route en direction de la belle Valparaiso, dont le centre ancien est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Une cité pittoresque réputée pour ses 45 collines et ses ascenseurs facilitant leur accès. Une bien jolie ville, a l'architecture et a la structure originales avec son labyrinthe de rues escarpées, ses escaliers abruptes et tortueux et ses maisons multicolores accrochées sur les hauteurs. Un arc en ciel surplombant l'océan, ou se mêlent la simplicité, l' authenticité et l'hospitalité de la culture chilienne.
Au bout d' une semaine a peine au Chili, nous nous retrouvons complètement séduit par nos hôtes. Derrière leur expression peut-être un peu fermée, leur regard d'apparence sévère et leur côté un peu bougon au premier abord, les Chiliens se révèlent extrêmement chaleureux, charmants, drôles, bienveillants. On leur fait un sourire et, tout de suite, c' est leur visage qui chante! On les adore!
Nous pensons ensuite repartir vers le Sud, mais une petite voix nous appelle vers le Nord... Comment faire les deux en un mois? Nous découvrons une petite compagnie de bus qui propose de faire l'aller-retour de Santiago a San Pedro d'Atacama en 10 jours, en se déplaçant la ou les bus locaux ne se rendent pas. Nous regardons les tarifs qui ont plutôt l'air correct et nous décidons de tenter l'aventure!
Notre première grande étape: Punto chorros avec la réserve nationale des Pingouins de Humbolt, formée de trois petites iles. Nous partons en bateau a la rencontre d' animaux que nous n' avons jamais vu en liberté auparavant! Et la, assis dans un petit bateau avec nos superbes gilets de sauvetages rouges flashys, nos yeux écarquilles, nous approchons de petits rochers ou se prélassent tranquillement au soleil des .... majestueux lions de mers, des loutres avec leurs petites perles noires, des phoques au pelage blanc... Ils s'enlacent, se câlinent ou bien se mordillent...Une authentique scène naturelle et sauvage qui nous transporte. Puis, un peu plus loin, alors que nous abordons un virage, au loin, un minuscule petit être, dissimulé dans le décor, nous fait face, tout seul...mais???C'est un Pingouin! Qu'est-ce que c'est petit, en fait, un pingouin...! A quelques mètres, nous découvrons toute une famille qui partage un petit morceau de roche avec des Pélicans. Nous qui pensions naïvement que ces petits poissons-oiseaux a la robe blanche et noir habitaient uniquement les glaciers, voilà une expérience qui vient élargir un peu plus notre mince répertoire culturel... En effet, c'est la seule espèce de pingouins au monde a vivre a cote du désert, au milieu des cactus! Mais ils apprécient énormément cet endroit parce que cette partie de l'océan y est très riche en plancton et poissons qui, ici, ne sont plus autorisés a être pêches par l'homme afin de préserver cet espace naturel. Puis, alors que nous nous rapprochons de l'île de Damas, dotée d' une magnifique plage de sable blanc tachetée de noir et mouillée par une eau turquoise, ce sont les dauphins qui nous escortent! Notre coeur bat a toute blingue, ils sont au moins quatre et ils tous proches de nous, nous les contemplons de très très près. Attention! Ils sautent en même temps, quelle synchronisation! C'est toute notre respiration qui s'est arrêtée, comme hypnotisés par leur danse aquatique. Aussi, avec toute notre attention, nous apercevons un autre petit animal qui les suit derrière et qui plonge avec eux, c'est une petite loutre... Quel émerveillement! Jamais nous n'aurions imaginé vivre un tel spectacle un jour...C' est une profonde joie qui nous inonde....
Le lendemain, nous continuons de gagner petit a petit le désert d'Atacama, mais avant de rejoindre Antofagasta, nous faisons une halte d'une journée a Bahia Inglesia. Une plage très populaire pour les Chiliens ou il est agréable de se reposer dans une jolie cabanas en forme de tipi!
Apres cette petite halte pépère, nous faisons nos premiers stops dans le désert d' Atacama, un des plus arides au monde.
Celui-ci représente une région essentiellement minière. Il fournit au Chili de grandes ressources comme le nitrate, le sodium, l' argent, l'or et surtout le cuivre qui, exportés dans le monde entier, participent a la richesse économique du pays.
Devant nos yeux, défilent des paysages lunaires allant du désert de rochers gris au désert de sable ocre, sans aucune vie, le tout bordé par l'océan pacifique d'un côte et de la Cordillère des Andes sur l' autre versant... Tout simplement impressionnant! Nous y découvrons un cimetière quasi abandonné ou ont été enterrés des ouvriers exploités dans des mines de nitrate et vivant dans des conditions inhumaines dans la deuxième moitié du XIXeme siècle. Aujourd'hui, ce lieu sacré est quasiment utilisé comme une décharge publique... D'ailleurs, nous nous arrêtons également devant une main géante sculptée au milieu de nul part rappelant celle que l' on doit tendre a la terre si nous ne souhaitons pas qu'elle s'assèche sur toute la planète...
Nous arrivons a Antofagasta pour la nuit. Elle est la cinquième ville la plus peuplée du pays, le plus grand centre urbain du désert et un des premiers ports reliant les cargos de Bolivie et d'Argentine. Aussi, pour nous elle est surtout symbolisée par la Portada, un immense arc de roche, sculpté par l'érosion de la mer. Ce monument naturel fut enfoui pendant trente années sous la mer, avant que l'eau se retire.
Le lendemain, nous partons en direction de sites naturels absolument extraordinaires dont le fameux Salar d'Atacama. Une plaine de sel d'une superficie de plus de 3000 km2. Il s' agit en fait d'un lac salé localisé en plein désert dont l'eau s'est évaporée, pour ne laisser que son sel. Lorsque l' on touche le sol, c'est très bizarre. On a affaire a une matière très solide et coupante. Et surtout, c'est un décor a l'allure étrange, comme plein de petites flaques de neige pétrifiées...Et a quelques kilometres alentours, c'est encore un nouveau paysage qui vient nous pertuber: une terre complètement craquelée, comme si elle avait été labourée et qu'il avait neigé par-dessus. Mais il n'en ai rien, c'est bien le soleil qui l'a fait craquer ainsi et c'est le sel balaye par le vent qui la recouvre. C'est vraiment beau!
Une fois hallucinés par cet environnement, nous remontons dans le bus, qui un peu plus loin, nous dépose a Peine, une Oasis en plein désert! Un petit village construit par des Incas qui plus tard en furent chasser... Apres un petit pic nique au bord de la 'piscine lagon' du village, nous partons explores les ruines de leur édifices, tous construits en pierres blanches, couleur du sol sous nos pieds.
Il est maintenant presque l'heure du coucher de soleil et nous avons l'honneur de l'admirer sur le site de la Réserve Naturelle de Los Flamencos! Alors que nos pas foulent doucement la terre de sel pour respecter le silence alentour, de rigueur afin de ne pas venir perturber les flamants roses a l'écosystème fragile, nos yeux se fixent sur deux sublimes lagons couleur émeraude émergés de la croûte de sel et source d'une riche nourriture pour les Flamants. Nous scrutons attentivement le paysage et, chanceux, nous parvenons a les voir au loin, avec leur long coup dirigé vers l'eau, ils pèchent leur dîner. Avec la tombée de la nuit, la terre, l'eau et le ciel s'embrasent pour nous offrir une palette de couleurs invraisemblables: l'horizon devient successivement, et de façon parfois confondue, jaune, orange,rose, bleu, violet.... C'est surréaliste!Les Flamants prennent leur envol,ils planent au-dessus de nos têtes avant de regagner le lagon voisin... Nous sommes immergés dans un des plus beaux tableaux naturels que nous n'ayons jamais vu de notre vie. Ici, le temps s'est arrêté et nous avons une sensation d'infini, c'est la sérénité qui nous capture... Ce soir nous devrions faire de beaux rêves.
Le jour suivant, nous sommes réveillés de bonne heure et de bonne humeur pour une matinée plutôt sportive. En effet, Ben a toujours rêvé de faire du Sandboarding et la Vallée de la Mort, dotée d'une dune immense, est l'occasion ou jamais de voir celui-ci devenir réalité. Nous voilà donc partis a vélo avec notre planche dans le dos en direction de la mythique vallée. Rien que la ballade en VTT est ultra dynamique mais elle vaut vraiment sa coulée de sueur. Nous dévalons et remontons un sentier fait de cailloux et de sable, serpenté entre des murs de roches sculptées par le vent et aux teintes de la planète mars. Ce panorama rouge ocre est a nous couper le souffle! Et pourtant, il va nous en falloir encore en réserve, car sur la dune qui nous attend, il n'y a pas de tir fesses pour nous ramener tout en haut après chaque descente.... Angélique se demande dans quelle galère elle s'est fourrée...(«Aime pas le sport... Et puis ai jamais fait de snowboard ni de skate avant....Pfff....»). Attention, les pieds positionnés sur la planche, une ou deux explications de posture et puis c'est partiiiiiiiiiiiiiiii ettttttt boum! Bon, ok, c'était une minuscule descente mais au moins comme ça , il ne reste plus beaucoup de mètres a remonter, c'est deja ça de gagner... Alors que Ben tente de faire des virages comme sur la neige, Angel essaie d'y aller en tout chuss, c'est plus simple...! Qu'est-ce que c'est génial! Creuvant mais super! Nous nous amusons comme des gamins la-dessus, surtout lorsque pour la dernière descente, nous tentons une course de luges assis sur nos planches! Quasi ex-aequo si Angélique ne s'était pas ramassée avant Ben dans le sable! Excellent, a retester sur la dune du Pilat en rentrant avec Romuald et Caroline!
Nous rentrons bien harassés a notre auberge et pourtant il n'est que 14 heures, la journée est loin d'être terminée! A peine une salade de crudités, aux délicieux avocats du pays, engloutie et nous sommes repartis en direction de la Vallée de la Lune! A 15 kilomètres du site, une petite halte prés des grottes salines, cavités naturelles formées par l'eau dans la roche, nous donne l'occasion de faire un peu d'escalade pour remonter jusqu'au «temple». Celui-ci est en réalité un petit espace de terre poudreuse encerclé par des colonnes de roches rouges et investis par des Chamans, comme lieu de méditation et de prières. Complètement isolés du reste du monde, ils viennent s'y ressourcer pour deux ou trois jours seuls et avec leur réserve de nourriture. Humm, un peu de méditation nous ferait pas de mal non plus, on resterait bien la a se connecter avec nous-mêmes et avec l'immensité de la nature...Inspirer lentement...expirer... Pfffffffffff...Qu'est-ce qu'on est bien...
Faut se réveiller, le bus repart...! Mais pas d'inquiétude, c'est pour pénétrer de nouveau dans un univers féerique et grandiose: la Valle de la Luna! Légendaire vallée quasi-indescriptible. Elle tire son nom des cratères qu'elle esquisse vue du ciel. Au centre de la Cordillera de la Sal, elle dessine des canyons, des crêtes, des formations géologiques taillées dans la roche par le vent et le sable, c'est un paysage incroyable. Aussi, aujourd'hui encore, nous avons de la chance car le soleil vient s'éclipser au moment ou nous arpentons l'arête de l'immense et majestueuse dune de sable qui côtoie toutes ses roches blanches escarpées. Pendant qu'il tombe, le décor s'enflamme , la pierre couleur crème devient rose et les nuages s'enveloppent d'un bleu gris d'une telle intensité que nous avons l'impression que le ciel va nous tomber sur la tête... Nous restons la jusqu'à la fermeture du site, seuls avec les étoiles, main dans la main a savourer cet instant de magie...
Commentaires sur cet article Patou Bonjour à tous les deux,
Je rentre de vacances, 15 jours au Pérou, ou j'ai pu retrouver mon fils qui séjourne là-bas depuis juillet 2007. Je viens de reprendre votre récit de voyage, et une fois de plus je suis complêtement transportée...c'est vraiment fabuleux, ce que vous vivez est vraiment extraordinaire. A la lecture de vos récits, l'émotion est tellement forte que les larmes en arrivent à monter, et pourtant je viens aussi de vivre 15 jours complêtement fabuleux à découvrir le Pérou et ses habitants et des paysages magnifiques.
Continuez à nous faire partager tous vos bonheurs, nous continuons à vous lire.
Demain je m'y remet car j'ai un peu de retard à rattraper.
SGR Trop forts vos récits !
Trop belles vos photos !
Et voilà, je vais encore me rabacher. Je vais encore être ridicule face à ce texte, comment dire, digne des plus grands romanciers... Non là j'en fais un peu trop peut-être. Mais merci à vous pour tout ce que vous nous faites partager, pour les récits et les commentaires qui accompagnent vos photos.
C'est pas drôle, mais lorsque je lis vos textes et qu'après je visionne les photos, c'est... exactement ce que vous avez raconté. Vous avez une facilité déconcertante à nous relater vos expériences.
Je n'est qu'une seule chose à vous dire : un grand MERCI.
J'en veux encore...
A et bonne route à tous les deux.
Stéphane
Séverine Ouaouh !!!! Une fois de plus c'est un récit extraordinaire. J'adore. Toute cette beauté, richesse à chacun de vos pas m'émerveille. Je vous envie de pouvoir vivre de tels moments de bonheur interplanétaires. C'est tout simplement magique.... Merci! Merci! pour ce partage exceptionnel.