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Ca vous tente?
Issu de l’adjectif latin viaticum, qui signifiait à l’origine " provisions pour le voyage ", il y a dans voyage le substantif latin via " chemin, voie ". En latin, voyage se disait, soit iter, itineris (d’où le français itinéraire), soit via" chemin, route ", soit encore peregrinatio pour les voyages à l’étranger et navigatio pour les voyages par mer. | | | Pour une première mise en bouche du voyage, voici quelques noms, verbes, adjectifs qui résument bien à eux seuls, la valeur de ce mot qui résonne dans notre esprit depuis bien longtemps maintenant: "Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant"Victor Hugo"Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est une oeuvre d'art" André Suarès "Veux-tu vivre heureux? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pour recevoir"Yohann Wolfgang von Goethe "Le voyage apprend la tolérance" Benjamin Disraeli "Tu ne peux pas voyager sur un chemin sans toi-même être ce chemin "Bouddha "Les plus beaux voyages se font à l'intérieur de soi. Les distances n'ont pas vraiment d'importance en ce sens." Maximes d'Aujourd'hui"Le bonheur est une denrée merveilleuse : plus on en donne, plus on en a."Suzanne Curchod "Le Bonheur n'est pas au bout du Chemin, Le Bonheur est le Chemin" Proverbe Zen “Marche aujourd’hui, marche demain, quand on marche, on fait beaucoup de chemin.” Ritournelle que se transmettent les conteurs ... tout ceci sucite déjà de grandes motivations pour prendre son sac à dos et partir vers cet ailleurs.... mais encore... Aujourd'hui, que l'on soit assis en tailleur sur son tapis dans une petite maison de toles au Mali ou confortablement installé dans son canapé au creux de sa villa de Los Angeles, que l'on regarde la télévision et que l'on tombe sur TF1 ou CNN, il est aisé de croire que la vie occidentale est "le paradis du bonheur". Certains de ces télespectateurs pensent parfois trop "Regardez donc comme ils sont pauvres et sales les gens là-bas!"//" Wouah, regardez comme de l'autre côté, les gens ont l'air de n'avoir aucun problème tellement ils ont de l'argent!"...Et pourtant, la France, comme d'autres pays nantis, fait partie des régions rassemblant la plus forte consommation d'antidepresseurs de la planète.... Que devons nous en comprendre? Lorsque des personnes ne gagnent que 1 € par jours, qu'elles nous offrent un sourire et qu'elles tentent de conserver chaque jour une joie de vivre déconcertante, quelle leçon peut-on en tirer? Il va de soi (nous ne l'inventons pas, c'est L'Abbé Pierre qui le disait) que notre pays a perdu de sa solidarité... Bien sur, les charges prélevées sur notre fiche de paye, les dons effectués au profit de telle ou telle association restent une solidarité apparente, mais lorsque vous croisez une personne sans toît, euh pardon un 'SDF', seriez-vous prêt à partager un repas avec elle, à lui offrir votre hospitalité? "Pourquoi faire? Des associations, financées par l'Etat et donc par le peuple, doivent déjà bien s'en charger? " Oui, cette pensée confortable est bien trop souvent la nôtre mais, pourquoi admettre qu'il s'agit là d'un raisonnement purement égoîste, cela va tellement à l'encontre de " l'image parfaite" que l'on veut renvoyer aux autres? De toute façon, ces personnes en difficultés sont tellement montrées du doigt, jugées déviantes et mises dans des cases stigmatisantes, qu'elles ne sont même plus vues comme des personnes mais reconnues uniquement à partir du problème qu'elles posent... Parfois,lorsque nous accèdons à cette lucidité d'une telle indifférence généralisée dans la société, nous nous étonnons qu'il n'y ait pas plus de folie ou de violence dans les rues. D'une solidarité personnalisée et spontanée, nous sommes passées à une solidarité anonyme et institutionnalisée... Laquelle, finalement , nous arrange bien, puisqu'elle nous déculpabilise et nous invite à nous détourner d'un quelconque engagement profond envers cet Autre qui à besoin de l'Autre... Et finalement, pour ne pas ébranler notre auto-représentation dans ce monde qui tourne, de plus en plus, autour de l'Image, nous consommons. En effet, puisque pour être reconnu dans la société, il faut être porteur de belles étiquettes et posséder un trésor plus important que notre voisin alors notre objectif de vie va être d'acheter une voiture très classe, des vêtements très modes, une maison avec beaucoup de cachet... La reconnaissance sociale passe avant tout par ces choses que nous collectionnons et bien moins par les actions que nous entreprenons. Nos relations sont régies par le " j'ai donc je suis" (Désolé Descartes...), comme si nous avions besoin de nous remplir matériellement pour exister... C'est un triste constat, auquel nous avons, nous-mêmes, du mal à échapper puisque, finalement, nous sommes cette société... Aussi, c'est pour retrouver l'essence de cette solidarité et de l'authentique valeur de l'Etre que le voyage est pour nous un vecteur de sens aussi important... Bien sûr, il y a encore beaucoup d'autres raisons qui donnent à ce mot autant de poids : errer librement, découvrir des visages, s'enfoncer dans des ruelles, barouder vers des paysages inconnues, mesurer à nouveau le sens des choses simples de la vie comme partager à manger et à boire, dormir dans un espace rassurant... Revisiter la nature.... Vivre des situations inatendues, positives et fortes d'enseignements ... Appréhender des langues différentes, des us et coutumes radicalement opposées à nos habitudes, comprendre que la Terre tourne très bien y compris avec des règles, des savoirs, des méthodes différentes des notres. La richesse vient de la diversité. Parallèlement, nous sommes conscients qu'au cours d'un voyage, nous pouvons être amenés à vivre des expériences difficiles et à assister à des situations qui nous choquent, comme des scènes de violences, d'intolérance, de profondes misères, etc. . Cela fait partie de l'aventure, c'est le Yin et le Yang... L'être humain est capable du meilleur comme du pire sur toute la planète et nous ne sommes pas dans un déni de cette réalité. De même, le voyage n'est pas une fuite, mais bien au contraire, car les chemins qu'il nous fait prendre peuvent bien des fois nous remettre en question, nous placer face à nos failles, révéler des choses de nous que nous ignorions et nous destabiliser ... Un voyage ça boulverse. Mais cela nous paraît tellement important de ne pas s'endormir sur nos acquis, d'éveiller notre conscience et de sans cesse essayer de se rapprocher de Qui nous sommes sincèrement, afin d'être en paix avec nous-mêmes et les autres... Alors, qui vient avec nous? |
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